Philippe Brenot : Vous vivez l'une des épreuves les plus difficiles des couples aimants qui se trouvent comme arrêtés en pleine course dans leur projet d'enfant, prolongement naturel de l'union amoureuse. L'infertilité est complexe, elle procède à la fois de l'homme et de la femme mais, dans la majorité des cas, la cause n'en est pas clairement établie, et vous êtes contraints d'accepter des protocoles médicaux à l'opposé des manières naturelles de la rencontre amoureuse. C'est ainsi qu'un couple "doit" faire l'amour à dates fixes, si ce n'est à heures précises !
Dans des conditions qui ne relèvent pas du désir, c'est-à-dire qui ne sont pas celles de l'amour. La conséquence en est habituelle sur le désir qui s'estompe, sur l'attirance qui s'affaiblit, sur les partenaires qui parfois s'éloignent. La conséquence en est aussi sur l'homme et la femme qui, individuellement, vivent très douloureusement l'absence de l'enfant, l'espoir, le désespoir, toute atteinte à l'idéal trop fantasmé qui s'éloigne chaque jour un peu plus. "J'ai cru devenir folle"... Oui, c'est une réalité, l'angoisse et la dépression sont présentes dans ce parcours du combattant amoureux dont aucun couple ne sort indemne.
La plupart des centres de fécondité proposent un accompagnement psychologique individuel. Dans votre cas, un accompagnement du couple aiderait certainement à dépasser les périodes d'abattement et de déprime, de solidifier le couple en respectant le désir, qui est certainement le meilleur moteur du lien amoureux.
Source: www.lemonde.fr
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