Σάββατο 19 Φεβρουαρίου 2011

Désir et désir d'enfant

Illustration de Gabriella GiandelliAdel : Mon ami et moi essayons d'avoir un enfant depuis plus d'un an. Après de nombreux examens et compte tenu de mes problèmes d'infertilité, je suis sous traitements hormonaux depuis fin janvier 2010. Ça fera donc bientôt un an. Ce n'est pas douloureux mais très contraignant, tant au niveau de l'organisation du quotidien que sur le plan psychologique. Je ne veux pas recommencer une nouvelle année qui ressemblera à celle de 2010, avec ses alternances de phases d'espoir et de désespoir. Je ne veux pas de nouveau imaginer chaque mois que je suis enceinte, le prénom du bébé, son sexe, l'annonce à mon ami, à mes parents, à nos amis..., l'organisation de l'arrivée du bébé, des vacances... mais c'est plus fort que moi, je ne peux m'en empêcher. On nous dit qu'il faut être patients, médecins et proches, mais j'en ai marre d'être patiente surtout quand mes cousines et amies tombent enceintes les unes après les autres. Le passage de la nouvelle année s'est bien passé car j'avais neuf jours de retard de règles. Mais le 2 janvier, elles sont arrivées. J'ai cru devenir folle. Je ne tiendrais jamais une année de plus. Comment faire pour mieux gérer cette période et ne pas voir mon couple exploser en plein vol ?



Philippe Brenot : Vous vivez l'une des épreuves les plus difficiles des couples aimants qui se trouvent comme arrêtés en pleine course dans leur projet d'enfant, prolongement naturel de l'union amoureuse. L'infertilité est complexe, elle procède à la fois de l'homme et de la femme mais, dans la majorité des cas, la cause n'en est pas clairement établie, et vous êtes contraints d'accepter des protocoles médicaux à l'opposé des manières naturelles de la rencontre amoureuse. C'est ainsi qu'un couple "doit" faire l'amour à dates fixes, si ce n'est à heures précises !
Dans des conditions qui ne relèvent pas du désir, c'est-à-dire qui ne sont pas celles de l'amour. La conséquence en est habituelle sur le désir qui s'estompe, sur l'attirance qui s'affaiblit, sur les partenaires qui parfois s'éloignent. La conséquence en est aussi sur l'homme et la femme qui, individuellement, vivent très douloureusement l'absence de l'enfant, l'espoir, le désespoir, toute atteinte à l'idéal trop fantasmé qui s'éloigne chaque jour un peu plus. "J'ai cru devenir folle"... Oui, c'est une réalité, l'angoisse et la dépression sont présentes dans ce parcours du combattant amoureux dont aucun couple ne sort indemne.
La plupart des centres de fécondité proposent un accompagnement psychologique individuel. Dans votre cas, un accompagnement du couple aiderait certainement à dépasser les périodes d'abattement et de déprime, de solidifier le couple en respectant le désir, qui est certainement le meilleur moteur du lien amoureux. 
Source: www.lemonde.fr 

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